Quand le vivant devient politique : les avatars de la démocratie technique / Making the Living a Policy Issue: The Embodiments of Technological Democracy – Sociologie et Sociétés. 42, 2, 2010

Présentation. Institutionnaliser les technologies du vivant. En 1996, la revue Sociologie et sociétés consacrait un numéro spécial dédié aux technologies médicales ainsi qu’aux changements de valeurs culturelles qui accompagnent leurs transformations dans le cadre de la mondialisation des échanges (Renaud et Bouchard, 1996). Complexe alliage d’un travail de laboratoire et du génie industriel biomédical, ces agencements technologiques désignés par certains analystes sous le vocable de « techno-science » dès le début des années 1990 (Salomon, 1992) sont décrits à l’aune des perceptions collectives qu’ils éveillent, ou encore, des formes de régulation sociale adoptées pour tenter de juguler les controverses et les craintes qui les entourent. Quinze ans plus tard, ce présent numéro thématique propose de réinterroger ce que les auteurs décrivaient alors comme l’impact social naissant et pourtant déjà significatif de ces technologies associées au vivant, ainsi que les débats relatifs à la nature des bouleversements pour les générations futures. Pour autant, la diversité des technologies délibératives déployées dans l’espace public depuis une trentaine d’années montre qu’il ne suffit pas de scruter l’activité des chercheurs depuis l’embrasure des portes entrouvertes de l’univers ordinairement enclos des laboratoires pour actualiser notre regard sur la question de l’impact sociétal. Un pas supplémentaire doit maintenant être franchi qui implique de prendre davantage en compte les trajectoires technologiques et les différents publics concernés, ainsi que d’ajuster en conséquence le regard que les sciences sociales adressent aux technologies du vivant.

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