Penser le changement institutionnel. Essai sur la logique évolutionnaire – PUF, 2014

Les études en sciences sociales consacrées au changement institutionnel peuvent-elles se passer du vécu individuel et ordinaire de ce changement ? Ce livre propose d’intégrer l’expérience sensible du sujet comme point de passage obligé à l’analyse des formes et dynamiques institutionnelles.

AvantProposPCI-3 (à télécharger)

L’institution n’est pas un objet invariable dans l’espace et dans le temps. Sa forme découle de ceux qui la font, des rapports entre les instituants, les institués, ceux qui la vivent, la commentent et la perçoivent. Elle équivaut ainsi à un complexe de relations ne pouvant, dès lors, être saisi dans sa totalité. Cela rend impossible tout accord sur ses contours, un peu à l’image de la célèbre sculpture d’Umberto Boccioni esquissant une silhouette en mouvement. Nous voilà plongés dans une logique toute bergsonienne qui envisage le changement comme un élément de durée et son expérience comme une invitation à penser le mouvement sans l’espace.

Cet ouvrage est un plaidoyer pour des études institutionnelles incluant la perception individuelle du changement institutionnel comme composante dans la reconstruction intellectuelle de la trajectoire de l’objet. Il entend alimenter les approches interprétatives des études institutionnelles en développant une analytique des formes sociales appuyée sur une anthropologie politique.

 

INTRODUCTION. L’institution. Formes uniques de continuité dans l’espace
– Ce que changer veut dire. D’un temps spatialisé à l’ordre concret des perceptions sensorielles
– Percevoir et représenter le changement institutionnel : une même réalité sensible
– Une théorie évolutionnaire du changement peut-elle se passer des données immédiates de la conscience ?
– Perception, représentation et explication : des démarcations impossibles

I. Le changement institutionnel. La construction d’un récit à partager
1. Le fonctionnement n’explique pas la forme
1.1. Donner des formes et attester du changement. Modalités ordinaires et savantes
1.2. Formes, valeurs et persistance des dispositifs physiques. De l’intention à l’utilité pratique
1.3. Formes, valeurs et persistance des existants organiques : De la perception à la modélisation
1.4. Formes et valeurs des existants institutionnels : une impossible entreprise de délimitation
2. De la perception à la modélisation de l’institution. Chemin ou relation ?
2.1. La vie des institutions : un jardin à la française ?
2.2. Occupation spatiale et persistance des existants institutionnels : une typologie des formes
2.3. Catégories sémantiques et caractérisation du changement institutionnel
2.4. De la désignation nominale de l’institution à sa réalité
3. Le changement institutionnel en question
3.1. Mener l’enquête. Un changement inséparable de la forme institutionnelle
3.2. L’empreinte de la perception ordinaire. Ce que l’énigme de la nuit noire nous apprend sur les institutions
3.3. La perception de la continuité institutionnelle : une construction constamment renouvelée
3.4. Des perceptions individuelles aux récits partagés du changement institutionnel. Parvenir à la synchronie

CONCLUSION I. Et pourtant, elle change !

II. La consistance des institutions. Un préalable à la détermination du changement
1. Les enseignements du paradoxe de l’œuf et de la poule. L’intériorité des êtres en question
1.1. L’intériorité des institutions à la base de la continuité des récits explicatifs
1.2. Structures du monde et logique classificatoire des institutions
1.3. La continuité institutionnelle comme expérience immédiate et sensible
1.4. Variation des récits de la continuité suivant l’appréhension ontologique de l’institution
2. La science des institutions. Une ontologie naturaliste en quête de légitimité
2.1. Une institution et des styles de raisonnement
2.2. De la génétique : L’institution comme dispositif de continuité dans le discontinu. L’intériorité définie par l’ordre interne
2.3. De la taxinomie : individus, Institution et politique publique. L’intériorité définie par la classification
2.4. De la statistique : échantillonner les individus, instituer les publics. L’intériorité définie par l’opinion publique
3. La notion d’évolution. Le ciment de l’approche naturaliste
3.1. Des règles d’évolution et une forme incidente dénuée de délimitations
3.2. L’approche néo-institutionnaliste et ces courants. Des modèles distincts d’évolution phylogénétiques
3.3. La définition matérielle de l’institution : Extraire des types évolutifs
3.4. La définition cognitive de l’institution : Extraire des familles évolutives

CONCLUSION II. L’intention : particularité de la logique naturaliste

III. Le changement institutionnel. Figures, modalités d’existence et formes d’attestation
1. Attester du changement: Un acte de valuation
1.1. Le naturalisme : Faire preuve. Une morale de la véracité
1.2. L’animisme : Faire équilibre. Une morale de l’échange
1.3. Le totémisme : Faire unité. Une morale du mythe fondateur
1.4. L’analogisme : Faire connexion. Une morale holistique
2. Les modes d’existence de l’institution : Création, re-création et récréation
2.1. L’institution au singulier pluriel. Des changements insaisissables
2.2. L’institution. Une grammaire plurielle d’existence temporelle
2.3. Espèces d’espaces. De l’institution formelle à l’institution controversée
2.4. La consistance durable des institutions décadentes. Un trouble méréologique

CONCLUSION. L’institution, mode d’emploi
Bibliographie

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :