Crise du Levothyrox : « Les réseaux sociaux constituent une caisse de résonance de la méfiance »

Interview dans Le Monde SCIENCE ET TECHNO | par Paul Benkimoun.

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Comment analysez-vous le rôle des réseaux sociaux dans la controverse autour de la nouvelle formule du Levothyrox ?

Il faut l’aborder dans le cadre plus global de la pharmacovigilance et des innovations biotechnologiques. Tous les champs d’expertise sont touchés par la dérégulation du marché de l’information qui caractérise les nouveaux médias. Cela affecte de plein fouet les institutions : toute opinion individuelle est susceptible de faire autant de bruit que des avis scientifiques. D’où un risque accru de prolifération de discours pseudo-ou alter-scientifiques.

Pourtant, les institutions scientifiques ne mesurent pas bien le fait que cette dérégulation et cette hypermédiatisation menacent leur autorité sociale. Elles ont l’habitude de considérer que celle-ci découle de leur autorité scientifique. En réalité, aujourd’hui puisque toute opinion vaut savoir. L’autorité scientifique et l’autorité sociale sont dissociées. Nos institutions sont redéfinies par les réseaux sociaux : il n’y a pas de lien direct entre la façon dont une institution fonctionne et le degré de confiance qu’on lui porte (…).

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